La colonne stratigraphique du secteur des Eyzies

 

Les grands escarpements qui affleurent aux alentours des Eyzies-de-Tayac appartiennent aux étages géologiques du Crétacé supérieur, ce sont le Turonien, le Coniacien et le Santonien datés de -100 millions d'années à -70 Ma.

Les récifs tropicaux du Turonien supérieur

Ils arment la base de l'escarpement de la Roquette et sont trouvés en-dessous des grands escarpements coniaciens. Au centre de cette photo, on distingue un chaetide (Blastochaetetes irregularis, Terea Nuciformis d'Orbigny), c'est un gros corail siliceux, qui est dans sa position de vie d'il y a - 90 millions d'années. Ce récif est constitué de rudistes et d'hippurites, dont nous avons pu identifer les espèce grâce à la collection d'Orbigny visible au première étage du Pavillon de Paléotonlogie du Muséum Naturel de Paris et les collection d'Alain Morala.

 

On trouve donc Radiolites mamillaris Math, Radiolites radiosus d'Orbigny 1850, Sphaerulites Sauvagesi d'Orbigny, Sauvagesia nicaisei Coquand, Sphaerulites Martiniana d'Orb., Sphaerulites alata d'Orbigny, Sphaerulites dilatata etc.

 

D'après Morala, Radiolites hoeninghausii, Radiolites Lapeirousia jouanetti Ce récif se suit de la carrière de Campagne, jusqu'à la Rouquette puis on le retrouve en forages sous le Musée des Eyzies et Fond de Gaume. La limite entre le Turonien supérieur et le Coniacien inférieur forme une éponte marneuse importante. Sur une coupe géologique, réalisée entre le Bugue et les Eyzies, on se rend compte que la Vèzère circule sur cette éponte imperméable. L'aquifère importante du Turonien est exploitée dans le forage AEP de Fond de Gaume (-60 m NGF).

 

Juste au-dessus de ce récif se trouve des marnes ligniteuses. Elles sont constituées d'une accumulation de fragments de coquilles des rudistes et des hippurites. Ce sont les termes les plus proximaux du Turonien, lorsque les récifs sont exondées, on trouve parfois du charbon et des lignites. Ce récif est impacté par le battement des paléo-nappe phréatique qui est venu le teinter, en bleu par les conditions d'un milieu réducteru (fer ferrique) ou en jaune/rouge par les oxydes de fer (fer ferreux) indiquant une oxydation du milieu de dépôts. Cette surface est ondulée et indépendante de la stratigraphie des couches du récif, elle est diagénétique. On trouve parfois des chaetetides, encore en position de vie (gros fossile siliceux) présentant une coloration bleue à la base et une teinte rouge vers le sommet.

 

L'impact de ces paléo-nappes phréatiques sera aussi à l'origine de la couleur jaune des grès à ciment calcaire du Coniacien de la formation des Eyzies, qui ont subi une oxydation de la glauconie.

 

Au-dessus c'est la transgression coniacienne (qui arrive avec une très forte dynamique) et qui se prograde sur le récif en y déposant des dizaines de mètres de calcaires. Il se dépose un calcaire à brachiopodes (rhynchonelles), riche en glauconie et en pyrite qui montre des passées confinées et anoxiques. La tranche d'eau semble tellement importante que des silifications peuvent précipiter (on est donc sous la CDD) ce sont les silex noir du Coniacien inférieur, que l'on retrouve à la Rouquette et dans les altérites du Coniacien inférieur (Vergnolle, Faravie, Lussac).

Calcaire à rudistes recristallisés par de la calcite

Le Coniacien

Le Coniacien inférieur

Le Coniacien moyen

Membre inférieur

Ichnofaciès, traces laissées par le passage de vers lorsque le sol n'était pas induré, et plus ou moins sous l'eau, il y a 88 millions d'années. Cette surface est un "hardground". Elles sont parfois minéralisées, et riches en fossiles. Falaise du Cingle aux Eyzies - Premier membre du Coniacien moyen.

En suivant, de gauche à droite, l'abri sous roche dans lequel la grotte préhistorique de Commarque se trouve, on finit par suivre une simple ligne, soulignée par des touffes d'herbe puis disparaissant totalement. Cette ligne est un joint de strate, une surface d'érosion, un hard-ground. La gélifraction est à l'origine de cet abri sous roche. Ce phénomène est mise en évidence par Lartet et Christy dès 1865 dans Reliquiae Aquitanicae au chapitre 1 et aux pages 3 et 4. C'est bien-sûr les différences lithologiques des différentes couches et l'orientation de la falaise face aux agents climatiques qui va déterminer la présence d'abri-sous-roche. Commarque - Sireuil

Les plaquettes décrochés par gélifraction qui finissent par dessiner les abris sous roche des Eyies.

La grotte-abri "Eglise de Guilhem" de Breuil dans la falaise du Cingle aux Eyzies. La personne donne l'échelle. L'occupation troglodytique au Moyen-Age est attesté ici il y a les reliques d'un grand mur bâti et des traces de creusement dans l'abri. Stratigraphiquement l'abri correspond à celui du Musée et à l'abri de la Roque-Saint Christophe. Les clinoformes du membre supérieur du Coniacien moyen sont visibles au-dessus dans la partie en dévers. Les Eyzies.

Des niveaux gréso-calcaire, voire sableux du premier membre du Coniacien moyen ont servi de carrière au château de Commarque. Sireuil

Au-dessus de ces niveaux un succession de "hard-ground" permettent aux bâtisseurs d'asseoir le château de Commarque sur du solide. Sireuil

Membre supérieur

La terrasse du Musée de Préhistoire est un abri-sous-roche. Il correspond à un interval transgressif (rapide montée du niveau marin) qui sépare les deux membres de formation du Coniacien moyen. Juste au-dessus de l'abri sont distingués de grands clinoformes caractéristiques du membre supérieur. Le haut de l'escarpement correspond au Coniacien supérieur du Musée de Préhistoire aux Eyzies

Deuxième membre de la formation du Coniacien moyen indiqué par des clinoformes. Ils sont retouvées au-dessus de la terrasse du Musée de Préhistoire, et au-dessus de la Roque Saint-Christophe. Il correspond à un prisme de haut niveau très puissant (régression), progradant sur une plate-forme proximale à subsidence importante. Alors que l'abri sous-roche de laRoque Saint-Christophe, de la terasse du musée de Préhistoire correspond à un interval transgressif très réduit (rapide montée du niveau marin). [Platel J.P, livret d'excursion AIH-CFH, 2013]. Petite Beune.

Le récif de rudistes du Turonien surmonté des calcaires à silex du Coniacien inférieur et d'une butte témoin du membre supérieur du Coniacien moyen à la Rouquette vers les Eyzies. L'escarpemenet se termine par les clinoformes du membre supérieure du Coniacien moyen.

Le Coniacien supérieur

Le Santonien

Le Santonien inférieur

Etage encore à déterminer

Sur cet escarpement l'alignement de petits troux indique la stratification originelle subhorizontale. En bas une grande troncature d'érosion, de tailles métriques, souligne une migration de chenal avec des litages obliques. Château Laroque, Saint-Cyprien

Troncature d'érosion et litages obliques dûes à la puissance du courant marin au moment du dépôts. La cavité ne se trouve pas ici par hasard, ça fait plusieurs fois que j'observe cette disposition. J'ai envie d'y voir un paléo-chenal. Il y aurait un changement de faciès, ou une diagenèse différentielle entre la barre de méandre et le paléo-chenal souligné par la karstification. Falaise du Conte - Castelnaud